Dimanche 31 décembre 2006

LA PERCEPTION PURE

 

 

 

L’habitude de voir les choses sous un angle positif ou négatif provient uniquement de notre esprit. L’enchaînement de nos émotions – attirances et répulsions, passions et haines – engendre toujours plus de souffrances et de désir. Pour transformer ces réactions habituelles, nous devons aborder chaque situation avec une attitude positive et sentir profondément notre énergie bénéfique.

 

Avoir une perception pure signifie voir toutes les choses sans taches, parfaites, paisibles, joyeuses et participant de l’état d’Eveil. Dans notre vie quotidienne, nous avons peut-être l’impression d’être accablés de problèmes. Selon le point de vue bouddhiste, les problèmes sont comparables aux vagues de l’océan que la tempête peut projeter de-ci de-là à la surface, tandis qu’au-dessous l’eau demeure tranquille.

 

Il est possible de trouver la paix tout en vivant un évènement difficile, de percevoir comme paisible ce qui, en apparence, ne montre que turbulence, ou comme positif ce qui semble foncièrement mauvais. Si vous y parvenez, prenez conscience du sentiment de paix qui règne dans votre esprit et demeurez à l’intérieur de cette expérience.

 

Positives ou négatives, les perceptions dépendent de notre esprit. Perçues comme une bonne chose, une simple tasse de thé peut devenir source de joie. Que notre perception devienne contraire, et cette même tasse devient déplaisante.

 

Au lieu de toujours vouloir que les choses correspondent à nos points de vue habituels, il peut être utile de nous rappeler à quel point notre monde est ouvert aux interprétations. En face d’un arbre, un médecin verra peut-être une source de remèdes ou de poisons, un commerçant évaluera sa valeur marchande, un charpentier cherchera à voir s’il peut servir à une construction, un scientifique analysera sa composition chimique, un ivrogne verra peut-être une roue lui tourner au-dessus de la tête, un poète se perdra dans la contemplation de la beauté, un chrétien louera les créations de Dieu, et un bouddhiste percevra un exemple de production en dépendance ou une expression de la paix ultime.

 

En élargissant notre point de vue, nous pouvons relâcher notre attachement au « soi » et nous rendre compte que nos habitudes et nos constructions mentales nous empêchent de voir notre nature paisible.

 

Rappelons-nous que le but de l’entraînement bouddhiste n’est pas de quitter cette terre pour un monde meilleur ou un paradis. Il est possible de trouver la paix dans ce monde même, mais parce que notre nature originelle est très souvent voilée, nous bataillons contre les difficultés de la vie en titubant comme des soldats blessés. La perception pure peut nous guérir. Entraînons notre esprit à accepter les problèmes en les voyant comme positifs, et les pires difficultés pourront se transformer en sources de joie, et non de douleur.

 

Les souffrances peuvent beaucoup nous apprendre, les désillusions nous réveiller, alors qu’une vie facile peut nous ôter toute chance de parvenir à la véritable paix. Si, par exemple, nous perdons notre argent, ce malheur nous incitera peut-être à trouver la vérité ; nous apprendrons à ne pas attacher tant d’importance aux biens matériels, et nous saurons ce que sont la paix et la force authentiques. Il y a des gens qui sont en même temps extrêmement pauvres et extrêmement gais. Cela montre que la souffrance est relative, et que l’esprit peut être heureux, quelles que soient les circonstances extérieures.

 

 

(Extrait du livre  « L’infini pouvoir de guérison de l’esprit » de Tulku Thondup Rinpoché)

 

 

Centre Bouddhiste Naropa, PK 35,5 côté mer, Tél : 57 99 88 / 74 71 88 (http://naropatahiti.over-blog.com/)

 

 

Le Centre Bouddhiste Naropa et tous ses membres vous adressent leurs Meilleurs Vœux de Sagesse, de Compassion et de Bonheur pour la nouvelle année 2007.

 

par Centre Naropa publié dans : Pratiquer le bouddhisme
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Dimanche 24 décembre 2006

ARTICLE DU SAMEDI 23 DECEMBRE 2006

 

OUVRIR UN ESPACE DANS L’ESPRIT

 

 

Dans le film The Matrix (la matrice), on voit des humains emmurés dans des cocons artificiels. Ils sont immobiles mais leur esprit est soumis à un bombardement d’informations qui recréent un monde virtuel, totalement imaginaire. Ces personnages croient que le rêve collectif qu’ils font constitue la réalité de leur vie quotidienne. D’un point de vue bouddhiste, ce film constitue une métaphore assez exacte de notre propre situation : vivre dans une réalité fantasmatique sans s’en apercevoir.

Le bouddhisme propose une méthode de libération radicale, une voie qui transforme notre relation au monde. Il s’agit de rompre la chaîne de la représentation du monde en utilisant l’intervalle qui sépare la perception du concept, avant que la grande roue de l’habitude mentale attire la perception dans ses vieilles catégories rebattues et l’altère irrémédiablement.

Ouvrir un espace spirituel à ce point précis permet d’explorer ses réactions émotionnelles et ses pensées les plus élémentaires d’un œil neuf.

Pour rompre la chaîne, il faut changer complètement notre conception de l’esprit. L’ensemble de nos concepts, sentiments et réactions ordinaires sont autant de prisons où nous nous laissons aveuglément enfermer – mais des prisons dont la porte est restée ouverte ! Nous gardons toujours la possibilité de rompre le charme et de voir les choses dans leur vérité native.

Le Lama Chokyi Nyima Rinpoché explique cet appel subtil de l’esprit : « A toute phase de la pensée, on retrouve l’habitude et l’émotion, sous les formes de l’attachement, de l’aversion, ou de l’indifférence. Elles sont toujours présentes. Les habitudes mentales forgent notre karma, ce sont les germes des principales émotions perturbatrices ».

Le karma, la loi de la cause et de l’effet, dans son sens ordinaire, provient de ce qu’un texte tibétain qualifie de « manie irrépressible de saisir et de fixer ». Ces «  voiles émotionnels et cognitifs » traduisent la tendance de l’esprit à répéter inlassablement les mêmes séquences intellectuelles et affectives.

Pour nous libérer, pour surmonter notre karma, nous devons donc commencer par sortir des sentiers battus, des ornières creusées par notre propre esprit.

 

(Extrait du livre  « L’alchimie des émotions » de Tara Bennett-Goleman)

 

Programme du Centre :

 

- Vendredi 29 Décembre 2006 à 19h00 : Lama Tcheupa (Offrande au Maître Spirituel)

 

Centre Bouddhiste Naropa, PK 35,5 côté mer, Tél : 57 99 88 / 74 71 88 (http://naropatahiti.over-blog.com/)

 

Le Centre Bouddhiste Naropa et tous ses membres vous souhaite un Joyeux Noël et les Meilleurs Vœux emplis de Sagesse, de Compassion et de Bonheur pour la nouvelle année 2007.

par Centre Naropa publié dans : Pratiquer le bouddhisme
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