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Centre de Méditation Naropa de Tahiti en Polynésie Française

Centre de méditation Bouddhiste Affilié à la FPMT - Situé à PAPEETE - Immeuble Rouleau - 2ème étage- Quartier du Commerce ADRESSE : BP 4369 - 98713 Papeete TAHITI Visitors welcome - English spoken

Pratiquer le lamrim (méditer et méditation)

Publié le 19 Juin 2006 par Stephane Assesseur Webloger in Programme des pratiques

Entraînement progressif vers l’Illumination
dans le bouddhisme tibétain (2ème partie)

 

II. Contemplation et méditation

 

A ce stade, le pratiquant effectue la contemplation analytique de l’une des 21 étapes qui suivent. Il peut ainsi générer un état d’esprit bien précis. Le tout est suivi d’une méditation concentrée sur cet état d’esprit généré.

 

1.  Chercher de l’aide.

Contemplation. Il faut garder l’esprit ouvert, être prêt à apprendre auprès des autres, et particulièrement auprès de ceux  qui sont déjà engagés sur le sentier de la libération. Seul un guide plus avancé que moi peut m’indiquer le chemin. Un tel guide peut m’aider à résoudre mes problèmes, éviter les pires états d’esprit, donner un sens à ma vie, et progresser vers la libération. Méditation. Je suis déterminé à suivre un guide.

 

2.  Utiliser sa vie à bon escient.

Contemplation. La vie humaine est rare et précieuse. Il faut la consacrer à quelque chose de valable. Je suis privilégié de pouvoir pratiquer le Dharma. Les minéraux, animaux, végétaux, les personnes inconscientes, obsédées, tourmentées, ou sans accès au Dharma n’ont pas la même chance que moi. Méditation. Je ne gaspille pas ma vie, mais la consacre au Dharma.

 

3.  Saisir l’instant. Contemplation. La mort est inévitable. Le déclin commence à la naissance et se poursuit inéluctablement, à chaque moment, jusqu’à la fin. Certains  meurrent en bas-âge, d’autrent meurrent plus tard, de façon soudaine et imprévue. Des accidents mortel arrivent tous les jours. J’ignore quand je mourrai. Je pourrait mourir à cet instant même. S’attacher à une vie si éphémère n’a aucun sens. Mieux vaux saisir chaque instant, et le consacrer totalement au Dharma. Méditation. Je ne m’agrippe pas à ma vie éphémère, mais la consacre au Dharma.

 

4.  Échapper au pire. Contemplation. La pratique est cruciale afin de ne pas succomber aux trois pires états d’esprit. Elle permet d’éviter l’animalité d’une vie purement instinctive, inconsciente, dépourvue de sens, sans libre-arbitre, totalement conditionnée par les événements, pleine de peur et de brutalité. La pratique permet aussi d’éviter les faims inextinguibles, la domination par des appétits qui ne peuvent être satisfaits, les désirs irréalistes, la dépendance et l’obsession. Enfin, la pratique permet d’éviter l’enfer des grands tourments moraux et physiques. Méditation. J’évite les pires états d’esprits par la pratique du Dharma.

 

5.  Prendre l’antipoison. Contemplation. Les états d’esprit inférieurs sont produits par l’aveuglement, l’aversion et l’avidité. Pour me guérir de ces trois poisons, il y a trois antidotes. Je dois m’abriter auprès de l’éducateur parfaitement éveillé, le Bouddha. Je dois recourir au Dharma, la doctrine qui mène à la libération. Je dois m’appuyer sur mes compagnons de route et sur des modèles éveillés, unis dans la Sangha. Méditation. Je prend refuge auprès de l’Éveillé, sa Doctrine et sa Communauté.

 

6.  Éviter les conséquences néfastes. Contemplation. C’est moi qui suis la cause de mes pires états mentaux et de toutes mes souffrances. Mes actions maladroites inspirées par l’aveuglement, l’aversion et l’avidité produisent ma souffrance. En revanche, mes actions adroites inspirées par la sagesse, la compassion, et le détachement me conduisent inévitablement à la félicité. Méditation. J’évite les actions maladroites et leurs douloureuses conséquences.

 

7. Se détacher.  Contemplation. L’existence cyclique est pleine de souffrance. Je passe successivement des meilleurs aux pires états d’esprit, de la joie à la peine. J’ai souffert en naissant, je souffre en vieillissant et en tombant malade, et je souffrirai de la mort. À chaque instant je perds ce qui m’est cher, je subis ce qui me déplais, je suis privé de ce que je désire. Méditation.  Je me détache de l’existence cyclique.

 

  

8. Etre impartial. Contemplation. Sans l’équanimité, je serai incapable d'une vision altruiste impartiale car, sans elle, je tendrai à favoriser mes proches. Tous les êtres sont égaux en ce qu'ils souhaitent naturellement trouver le bonheur et éviter la souffrance. Il n'y a donc aucune raison d'avoir une attitude partiale ou discriminatoire envers eux. Il n'y a pas de justification morale à manifester des préférences lorsqu’il s’agit de soulager la misère. Je ne dois ressentir ni attachement, ni haine, ni indifférence envers qui que ce soit, ami, ennemi, ou parfait étranger. Méditation. Je suis impartial envers les proches, les étrangers et les ennemis.

 

 9. Aimer les êtres. Contemplation. Dans ce monde interdépendant, tous les êtres vivants contribuent à mon existence, de près ou de loin. Même mes adversaires font partie de la trame de l’existence, et rendent ma vie possible. Je leur dois ma vie, mes joies, mon bonheur, et de riches leçons. Je leur dois autant qu’à mes parents. Méditation. J’aime tous les êtres comme des pères et mères.

 

10. Voir la bonté des êtres. Contemplation. Tous les êtres sont capable d’amour désintéressé pour leurs rejetons, ils sont capables d’actes altruistes. Je suis totalement dépendant d’eux. Mes besoins quotidiens sont tous comblés grâce à la générosité d’autrui. Ma demeure, ma nourriture, mes vêtements, mes médicaments, mon instruction proviennent des autres. Tous les êtres contribuent au bien-être de tous les autres, de façon plus ou moins directe. Méditation. Je suis reconnaissant de la bonté de tous les êtres.

 

11. Aimer les êtres comme soi-même. Contemplation. Je dois me mettre sur le même pied d’égalité que les autres, et les aimer comme moi-même. En effet, tous les êtres sont bons pour moi. De plus, tous les êtres partagent ma condition. Comme moi, ils cherchent le bonheur et craignent la souffrance. Finalement, je ne suis qu’une seule personne parmis d’innombrables êtres. Comment pourrais-je chérir ma petite personne et négliger tous les autres ? Ma souffrance et mon bonheur sont insignifiants en comparaison de la souffrance et du bonheur de tous les êtres. Méditation. J’aime tous les êtres comme moi-même

 

12. Inconvénient de l’égocentrisme. Contemplation. C’est l'attitude égocentrique qui est à la source de toutes mes misères. Quels que soient mes malheurs, c'est cetet attitude que je dois blâmer. Ma suffisance naturelle me fait accuser les autres de mes misères. Mais j’ai beau rejeter la responsabilité sur les autres, le fait est que mes déboires sont dûs à mon attachement obstiné pour l'égo. C’est l’égocentrisme qui m’entraîne à des actions physiques, psychologiques et discursives maladroites. Méditation. J’abandonne l’égocentrisme.

 

13. Avantages de l’altruisme. Contemplation. D’abord, l'altruisme suscuite l’amitié, la vénération , le respect. À la mort d’une personne bonne, généreuse et soucieuse du bien d'autrui, beaucoup portent son deuil. Lorsque j’œuvre pour le bien de tous, mes intérêts personnels en profitent indirectement. Considérant l’infinie bienveillance des autres êtres à mon égard, l’altruisme n’est qu’une façon de payer ma dette et de témoigner de ma gratitude. Finalement, la compassion universelle est le seul moyen d’atteindre la félicité de la Libération finale.  Méditation. Je chéris tous les êtres afin de contribuer à leur bonheur et au mien.

 

 14. S’échanger avec les autres. Contemplation. L’égocentrisme cause toutes les peines, l’altruisme mène à la félicité. Je dois donc échanger mon égo avec les autres êtres, et me dédier totalement à leur bien-être.  Méditation.  J’échange l’amour de l’égo pour l’amour de l’autre.

 

15. Grande compassion. Contemplation. Je réfléchis à la manière dont les êtres vivants subissent l'expérience de la souffrance. Les êtres comblés, envieux, normaux, inconscients, obsédés et tourmentés souffrent tous à des degrés différents, et de manière différente. Méditation.  Je visualise un être vivant en proie à de graves tourments, j’imagine son état mental, puis je souhaite ardemment qu'il soit en soit délivré.

 

16. Prendre. Contemplation. Il ne suffit pas de souhaiter la libération de tous les êtres. Il faut encore que je m’engage personnellement à agir. Il faut que j’aie l’ardent désir d’assumer leur fardeau. Méditation. Je prend sur moi la souffrance de tous les êtres [visualiser joyeusement une fumée noire et l’inspirer].

 

17. Bienveillance. Contemplation. Les êtres vivants ont beau désirer le bonheur, il leur fait défaut. Ils ont beau fuir la souffrance, ils la subissent. Leurs plaisirs sont éphémères et deviennent douleur, leurs amours se changent en solitude. La vie cyclique est fondamentalement insatisfaisante. Méditation. Je souhaite ardemment que tous les êtres expérimentent le vrai bonheur.

 

18. Donner. Contemplation. Puisque je souhaite le bonheur de tous les êtres, il me faut agir en ce sens. J’offre le bonheur authentique aux êtres qui vivent des états d’esprit agréables ou désagréables. Je prend sur moi toutes leurs souffrances, et leur cède tout mon bonheur, mes richesses et mes vertus accumulées.  Méditation. Je prend la souffrance des êtres [visualiser joyeusement une fumée noire et l’inspirer], et je leur donne ma joie [expirer joyeusement et visualiser une exhalaison blanche qui emplit l’univers].

 

19. La suprême motivation de l’éveil. Contemplation. Je me suis engagé à libérer tous les êtres,  mais comment pourrais-je y arriver, si je ne parviens pas à l’illumination ? Seul un éveillé peut protéger tous les êtres et leur montrer la voie de la félicité. Méditation. Je veux m’éveiller pour sauver tous les êtres.

 

 

20. Calme Stable. Contemplation. Pour m’éveiller, je dois me détacher de l’égocentrisme, ce qui demande une expérience directe de l’Interdépendance suprême. En retour, cette expérience exige un état méditatif de calme stable. Sans le calme stable, point de miracles, de détachement et de motivation d’éveil. Méditation. Le calme stable est le couronnement des neuf degrés d’absorbsion méditative. Il est obtenu en se concentrant fermement sur un objet, et en surmontant les obstacles de la paresse, l’oubli, l’angoisse, l’excitation. La concentration est fortifiée par la confiance, la détermination, l’effort, la souplesse, l’attention, la vigilance, l’application et la non-application.

 

21. Vision supérieure. Contemplation. À partir du calme stable, il est possible d’atteindre l’essence de la sagesse. Je peux alors percevoir l’Interdépendance suprême, réaliser que toutes choses sont vides d’essence. Tout est interdépendant et en perpétuel devenir. Tous les phénomènes n’existent que comme convention. Rien n’existe de façon inhérente et perpétuelle. Méditation. (1) Évoquer un moment ou mon égo s’est manifesté de façon exagérée, puis de façon normale. Réfuter l’existence inhérente de mon égo. Il n’est pas le corps, ni l’esprit, ni le corps et l’esprit, ni séparé du corps et de l’esprit. L’égo est introuvable, il est vacuité. (2) Évoquer un moment ou mon corps s’est manifesté de façon exagérée, puis de façon normale. Réfuter l’existence inhérente de mon corps. Il n’est pas une partie, ni séparé de ses parties. Le corps est introuvable, il est vacuité.

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