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Centre de Méditation Naropa de Tahiti en Polynésie Française

Centre de méditation Bouddhiste Affilié à la FPMT - Situé à PAPEETE - Immeuble Rouleau - 2ème étage- Quartier du Commerce ADRESSE : BP 4369 - 98713 Papeete TAHITI Visitors welcome - English spoken

Conseils de Sa Sainteté le Dalaï-lama concernant Dholguial (Shougdèn)



     Suite à des investigations longues et méticuleuses, Sa Sainteté le Dalaï-lama décourage fortement les adeptes du bouddhisme tibétain de rendre un culte à l’esprit violent appelé Dholguial (Shougdèn.) Bien qu’elle ait elle-même pratiqué autrefois la propitiation de Dholguial, Sa Sainteté abandonna cette pratique en 1975 après avoir découvert les profonds problèmes historiques, sociaux et religieux auxquels elle était associée. Son précepteur en second, feu Kyabdjé Tridjang Rimpotché, par qui Sa Sainteté fut initiée à cette pratique, en fut informé et soutint pleinement cette décision.

     Même dans les écoles guélouk et sakya – les traditions bouddhistes tibétaines auxquelles appartiennent la majorité des pratiquants [du culte] de Dholguial – la propitiation de cet esprit fut controversée durant toute son histoire. L’investigation historique révèle que la pratique de Dholguial, qui est fortement teintée de sectarisme, a souvent contribué à un climat de discorde sectaire en différentes régions du Tibet et entre les diverses communautés tibétaines.

     En conséquence, à partir de 1975, Sa Sainteté a régulièrement rendu public son opinion, fondée sur les trois raisons suivantes, que cette pratique est à déconseiller.

 

1) Le danger pour le bouddhisme tibétain de dégénérer en une forme de culte des esprits : à l’origine le bouddhisme tibétain évolua à partir de la tradition ancienne et authentique préservée à la grande université monastique indienne de Nalanda, une tradition que Sa Sainteté décrit souvent comme une forme complète de bouddhisme. Elle contient l’enseignement originel du Bouddha tel que développé par la riche pénétration philosophique, psychologique et spirituelle de grands maîtres bouddhistes comme Nagardjouna, Assanga, Vasoubandhou, Diguenaga et Dharmakirti. Parce que le grand philosophe et logicien Shantarakshita contribua à établir le bouddhisme au Tibet à ses tout débuts au huitième siècle, l’investigation philosophique et l’analyse critique ont toujours été des caractéristiques importantes du bouddhisme tibétain.

     Le problème [que pose] la pratique de Dholguial est qu’elle présente l’esprit Dholguial (Shougdèn) comme un protecteur du Dharma, et qui plus est, tend à promouvoir cet esprit comme plus important que le Bouddha lui-même. Si cette tendance n’est pas contenue, et que des personnes naïves sont séduites par des pratiques adoratives de cette sorte, la riche tradition du bouddhisme tibétain court le danger de dégénérer en une simple propitiation d’esprits.                         

 

2) Un obstacle à l’émergence d’une authentique tolérance religieuse : Sa Sainteté a souvent déclaré que l’un de ses engagements les plus importants était la promotion de la compréhension et de l’harmonie interreligieuses, et son engagement à encourager le non sectarisme entre toutes les écoles du bouddhisme tibétain fait partie de cet effort. Sa Sainteté suit en ceci l’exemple établi par ses prédécesseurs, particulièrement les cinquième et treizième Dalaï-lamas. Non seulement une approche non sectaire est-elle mutuellement enrichissante pour toutes les écoles bouddhistes tibétaines, mais c’est aussi la meilleure garantie contre la montée d’un sectarisme qui pourrait avoir des conséquences dommageables pour la tradition tibétaine dans son ensemble. Etant donné le lien reconnu entre le culte de Dholguial et le sectarisme, cette pratique particulière demeure un obstacle fondamental au développement d’un esprit authentiquement non sectaire à l’intérieur de la tradition bouddhiste tibétaine.

 

3) Particulièrement inappropriée relativement au bien-être de la société tibétaine : la propitiation de Dholguial est spécialement gênante étant donné les circonstances actuelles difficiles du peuple tibétain. La recherche textuelle et historique démontre que l’esprit Dholguial naquit d’une hostilité envers le grand cinquième Dalaï-lama et son gouvernement. Le cinquième Dalaï-lama, qui assuma la direction tant temporelle que spirituelle du Tibet au 17ème siècle, dénonça personnellement Dholguial comme un esprit malfaisant, né d’intentions se fourvoyant, et nuisible au bien-être des êtres en général et au gouvernement tibétain dirigé par les Dalaï-lamas en particulier. Le treizième Dalaï-lama et d’autres maîtres spirituels tibétains respectés ont également exprimé sans détour leur forte opposition à cette pratique. En conséquence, dans le contexte tibétain actuel, dans lequel l’unité de tous les Tibétains est d’une importance vitale, l’engagement dans cette pratique propitiatoire controversée et source de division est inapproprié.    

 

     Sur la base de ces trois raisons, Sa Sainteté a fortement exhorté ses disciples à considérer attentivement les problèmes [posés par] la pratique de Dholguial et à agir en conséquence. Elle a déclaré qu’en tant que dirigeant bouddhiste particulièrement concerné par le peuple tibétain, il était de sa responsabilité de dénoncer franchement les conséquences préjudiciables de cette sorte de culte des esprits. Sa Sainteté a très clairement dit que tenir compte de ses conseils ou non est un choix qui appartient à chacun. Cependant, vu que personnellement elle ressent fortement cette pratique comme négative, elle a demandé à ceux qui poursuivent la propitiation de Dholguial de ne pas assister à ses enseignements religieux formels, qui traditionnellement nécessitent l’établissement d’un rapport maître-disciple.    

 

 

(www.dalailama.com. Traduit de l’anglais en français par Thubten Wangchuk, en juillet 2009.)