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Centre de Méditation Naropa de Tahiti en Polynésie Française

Centre de méditation Bouddhiste Affilié à la FPMT - Situé à PAPEETE - Immeuble Rouleau - 2ème étage- Quartier du Commerce ADRESSE : BP 4369 - 98713 Papeete TAHITI Visitors welcome - English spoken

Les huit préceptes du Mahayana


L’observance des vœux ou préceptes de moralité est la manière la plus efficace d’éliminer les interférences aux réalisations spirituelles. Les obstacles sont des empreintes laissées sur notre courant de conscience par des actions malhabiles du corps, de la parole et de l’esprit. En évitant consciemment les actions négatives, nous arrêtons naturellement de créer plus d’obstacles et nous purifions ceux du passé, épurant ainsi notre esprit afin d’obtenir des réalisations.

Il existe différents niveaux de vœux dans la tradition bouddhiste du Mahayana, tels que les vœux de pleine ordination pris à vie par les moines et les moniales, les vœux des moines et moniales novices et les vœux pris par les laïcs. On considère que prendre des vœux lors d’une cérémonie formelle devant son Maître ou devant les Bouddhas visualisés, a plus de force et de signification pour l’esprit que d’éviter simplement certaines actions de façon informelle. De plus, si les vœux sont pris avec la motivation du Mahayana de l’esprit d’Eveil, c'est-à-dire pour le bien de tous les êtres, les résultats bénéfiques sont infinis.

Il est important d’étudier les bienfaits de l’observance des vœux et les désavantages de leur transgression afin que lorsque nous les prenons des vœux nous ayons une compréhension parfaite de ce que nous faisons.

Les huit préceptes du Mahayana sont un ensemble de vœux qui peuvent être pris par n’importe qui pour une période de vingt-quatre heures. Il est possible de les prendre n’importe quand, mais l’on recommande les jours de pleine lune, de nouvelle lune et des quartiers de lune. La cérémonie doit avoir lieu tôt le matin avant l’aube (ou « lorsqu’il fait encore trop sombre pour distinguer les lignes dans la paume de notre main »), et les vœux doivent être observés jusqu’au lever du soleil, le jour suivant.

La première fois que nous prenons les préceptes, nous devons les recevoir d’une personne qui a reçu elle-même, la transmission orale de la pratique, considérer cette personne comme le Bouddha et imaginer que nous lui faisons notre promesse. Par la suite, nous pourrons faire la cérémonie nous-même  en récitant les prières face à une image de notre Maître ou du Bouddha, en imaginant à nouveau que nous recevons les préceptes du Bouddha lui-même.

Si nous brisons l’un de ces vœux au cours de la journée, nous devons purifier la transgression dès que possible à l’aide des quatre forces curatives. L’habitude croissante de l’observance des préceptes diminuera les risques des transgressions inconscientes par négligence.

 

Les bienfaits de l’observance des préceptes

 Le Bouddha a dit : « observer les préceptes est bien plus avantageux que de faire de nombreuses offrandes à tous les bouddhas pendant des éons aussi nombreux que des grains de sable dans le Gange. » Et, selon un grand pandit indien : « observer les huit préceptes, ne fut-ce qu’un seul jour, apporte davantage de profit que de faire la charité pendant cent ans. »

En observant les préceptes, nous développerons un esprit clair, non confus et il nous sera ainsi plus facile de méditer. Nous éviterons les renaissances infortunées, obtiendrons des renaissances humaines avec toutes les conditions nécessaires à la pratique du Dharma et nous rencontrerons des Maîtres parfaits dans les vies futures, ce qui nous donnera l’occasion de recevoir de plus amples enseignements et d’atteindre des réalisations spirituelles. Maitreya, le bouddha futur a dit : « tout disciple du Bouddha Shakyamouni qui observe les huit préceptes renaîtra parmi mon entourage. » De plus, nous atteindrons la libération du cycle des existences et finalement le but, l’Eveil, en réalisant la connaissance et les perfections du corps, de la parole et de l’esprit sacré du Bouddha.

 

Les désavantages de la transgression des préceptes

Après avoir promis de ne pas commettre une action négative particulière, la perpétrer plus tard, produit davantage de karma négatif que de l’accomplir dans des circonstances ordinaires. Nous devons comprendre cela clairement avant de nous engager à prendre des vœux. Prendre des préceptes puis les briser équivaut à mentir aux bouddhas ; de plus, comme ils sont pris pour être profitables à tous les êtres, briser des préceptes équivaut également à mentir à tous les êtres. Une telle négligence laisse sur le courant de conscience des empreintes négatives profondes qui mèneront à des souffrances futures.

Si les préceptes sont transgressés, nous n’obtiendrons pas les bienfaits que nous venons de mentionner. De plus, nous resterons plus longtemps dans le cycle des existences et expérimenterons les souffrances des renaissances infortunées. Si nous sommes près d’obtenir des réalisations, le fait de briser des préceptes entraînera pour nous la perte de la compréhension déjà développée. Il est donc essentiel de prendre les préceptes sérieusement et avec une compréhension juste.

 

Les huit préceptes

  1. ne pas tuer, c’est-à-dire, causer la mort d’un autre être vivant directement ou indirectement.
  2. ne pas voler, c'est-à-dire, prendre un objet de valeur appartenant à autrui, sans autorisation. Cela inclut le fait d’emprunter un objet dans l’intention claire de ne pas le rendre.
  3. ne pas avoir de relation sexuelle ou tout autre type de contact sexuel, l’autostimulation incluse.
  4. ne pas mentir, c'est-à-dire, tromper autrui par nos actions du corps, de la parole et de l’esprit ou demander à quelqu’un de mentir à notre place. Cela inclut le mensonge par insinuation, par exemple un silence en réponse à une question, qui permettrait ainsi à quelqu’un d’en tirer une conclusion erronée.
  5. ne pas prendre de substances toxiques, c'est-à-dire, de l’alcool, du tabac, des drogues, etc.
  6. ne pas manger plus d’un repas pendant la période de vingt-quatre heures. Le repas doit être pris avant midi, et une fois que nous avons arrêté de manger pendant plus de trente minutes, le repas est considéré comme terminé. Par la suite il est possible de consommer des liquides légers comme du thé et du café mais pas de lait complet pur, ni de jus de fruits avec la pulpe. Nous devons aussi éviter de consommer certaines nourritures « noires », telles que la viande, les œufs, les oignons, l’ail et les radis.
  7. ne pas s’asseoir sur un lit ou sur un siège élevé et onéreux avec un sentiment d’orgueil. Il faut également éviter les sièges très ornés ou parés de pierreries, ainsi que des couvertures en peau d’animal.
  8. ne pas porter de bijoux, de parfum et parures similaires et ne pas chanter, danser ou jouer de la musique avec attachement.

 

Pour qu’un précepte soit brisé, quatre conditions doivent être réunies.

  1. la motivation de l’action doit être une attitude négative tels que l’attachement, l’aversion, etc.
  2. l’action doit avoir un objet, par exemple, un être tué, un objet volé, etc.
  3. l’action doit être accomplie par nous-même ou par quelqu’un que nous avons accrédité.
  4. l’action doit être terminée, par exemple, la personne que nous tuons doit mourir avant nous. En ce qui concerne un objet volé, nous devons avoir la pensée « ceci est à moi ».

 

La gravité ou la légèreté d’une action est déterminée par l’intensité de ces quatre facteurs. Par exemple, une action motivée par une colère intense est plus grave que si elle était accomplie par ignorance ; ou tuer un être humain est plus sérieux que de tuer un insecte. Pour mieux comprendre ce sujet, nous devons étudier le karma, la loi de causalité.

 

Extrait de "Comment méditer" par Kathleen McDonald, avec l'aimable autorisation des éditions Vajra Yogini.